
Matinée « Maths en action » à l’IHP :
plus de 200 lycéennes et lycéens à la rencontre des mathématiques autour d’enjeux sociétaux

16 mars 2026 matin

IHP, Paris
Et si les mathématiques éclairaient nos choix de mode de scrutin ? Peut-on prédire l’évolution des activités liées aux feux de forêts ? Et comment détecter le fait que certaines caractéristiques génétiques augmentent le potentiel reproducteur des organismes qui les portent ? Le 16 mars 2026, à l’Institut Henri Poincaré, ces questions ont servi de point de départ à une matinée dédiée aux lycéennes et lycéens de la région parisienne.
Organisé dans le cadre de la Semaine des mathématiques, un événement national qui vise chaque année à promouvoir les mathématiques auprès des élèves et du grand public, « Maths en action » a réuni plus de 200 lycéennes et lycéens autour de trois scientifiques et une idée simple : montrer que les mathématiques éclairent de grands enjeux contemporains.
Plus de 200 élèves, deux sessions
La matinée s’est déroulée en deux temps : 119 élèves de quatre lycées de l’académie de Paris, puis 85 élèves de trois lycées des académies de Versailles et de Créteil.
Dans l’amphithéâtre, une diversité de profils, de niveaux (seconde, première et terminale) et une parité au rendez-vous, avec 50 % de lycéennes.
Trois interventions, trois façons de voir les maths autrement
Pas de cours magistral classique ici : chaque intervention part d’une question concrète.

Antoine Rolland (ERIC, Univ Lyon 2) ouvre la matinée avec une question au cœur de la vie citoyenne :
« Les maths au secours de la démocratie »
Les élèves découvrent que les mathématiques permettent de comparer les modes de scrutin et d’en révéler les effets. Selon le système choisi, le scrutin peut conduire à des résultats différents. Autrement dit, les mathématiques n’imposent pas un « bon » mode de scrutin, mais elles éclairent les choix possibles.
Juliette Legrand (LMBA, CNRS, Université de Bretagne Occidentale) poursuit avec un sujet captivant, lié aux événements extrêmes et au changement climatique :
« Forêt des Landes en 2100 : quand les stats jouent avec le feu »
Elle montre comment les statistiques permettent d’anticiper des événements extrêmes, comme les incendies, dans un contexte de changement climatique.
Amandine Véber (MAP5, Université Paris Cité) clôt la série avec une question qui fait sourire :
« Est-on plus sexy avec les yeux noisettes ? »
Derrière cette entrée en matière inattendue, les élèves découvrent que les probabilités permettent de modéliser la transmission des gènes et de mieux comprendre le devenir de la diversité génétique d’une population.
Pendant les interventions, des quiz interactifs viennent rythmer la matinée. Les échanges avec les chercheuses et chercheurs prolongent ces moments : questions directes et discussions spontanées.



Changer notre regard sur les mathématiques
Les mathématiques ne sont plus seulement une matière scolaire. Elles deviennent un outil pour comprendre des phénomènes complexes, éclairer des choix collectifs, analyser le monde qui nous entoure.
Côté enseignantes et enseignants : un levier concret
Pour les enseignantes et enseignants accompagnateurs, la matinée offre un autre regard : des élèves attentifs autrement ; des exemples directement réutilisables ; des liens concrets avec les programmes. Autant de points d’appui pour prolonger ces échanges en classe.
Maths-Vives : des mathématiques en interaction avec le monde
Cette initiative s’inscrit dans le cadre du programme de recherche Mathématiques en interaction (PEPR Maths-Vives). Lancé dans le cadre de France 2030, ce programme vise à renforcer les liens entre les mathématiques et les autres disciplines, en particulier autour de trois grands axes : l’environnement, le vivant et la société. Son ambition : montrer que les mathématiques sont un outil central pour comprendre des systèmes complexes, éclairer les décisions et répondre aux défis contemporains. Au-delà de la recherche, Maths-Vives porte aussi une volonté forte de diffusion des savoirs et de rapprochement avec le monde éducatif, notamment à travers des actions comme « Maths en action ».
Avec « Maths en action », il ne s’agit pas seulement de transmettre des connaissances. Il s’agit de créer une rencontre entre des chercheuses et chercheurs, des enseignantes et enseignants et des élèves qui découvrent concrètement à quoi servent les mathématiques en interaction avec d’autres disciplines.
Et après ?
Une question se pose déjà : comment aller plus loin ? Plus d’interactions ? Des ateliers en petits groupes ? Des ressources pédagogiques ? Les pistes pour prolonger et améliorer ce projet, tout en développant d’autres initiatives en faveur des élèves, sont nombreuses.
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